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Archive de la Catégorie ‘Chroniques’

France-Roumanie

Un drôle de match. Prêt de 80 % de possession de balle et une implication de l’ensemble des joueurs mais face à une sélection Roumaine très regroupée ça n’a pas suffit. Escudé était vraiment à la ramasse dans ses duels avec Marica (il en a perdu l’essentiel) et finit par marquer contre son camp au plus mauvais moment. De plus l’option Gignac était vraiment la moins appropriée. Pas besoin d’être un observateur avisé pour réaliser que ces derniers temps il n’est pas au mieux. L’aligner d’entrée était un vrai coup de poker quand on connait ses faiblesses (Présence physique perfectible, incapacité à frapper correctement des deux pieds…). Un autre truc que je n’ai pas trop compris est la sortie de Gourcuff. OK il semblait moins en jambes depuis la reprise mais pourquoi ne pas prendre le risque de sortir un des deux récupérateurs sachant que la bataille du milieu était gagné depuis longtemps et qu’il fallait absolument marquer. C’était tout de même un coup à tenter.
Pour le reste cette équipe a toujours de gros problèmes offensifs. Il a encore fallu s’en remettre à un Henry opportuniste pour trouver la faille mais derrière lui c’est le grand vide actuellement. Aucune des solutions de rechange ne s’est avérée probante question efficacité (Anelka bien meilleur en soutien, Benzema trop inhibé en bleu, Gignac pas au niveau contre de bonnes équipes et je ne parle même pas des Briand,Cissé, Gomis et autres appelés-lumières des années Domenech). Le milieu était plus rassurant que contre les Iles Feroé mais au sujet de la défense ça flotte toujours. Domenech n’a toujours pas trouvé une bonne fois pour toute l’homme qui pourrait faire la paire avec Gallas. La qualité individuelle est là mais ça coince toujours.
Quoi qu’il en soit c’est mort pour la première place. Il faudra passer par les barrages et espérer que l’Autriche (à quatre points de la France) ne revienne pas. Pour ce que j’ai vu la partie est loin d’être gagnée en Serbie.

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Vous avez dit coupé-décalé?

Je ne vous apprend rien en vous parlant du coupé-décalé.Vous savez cet ersatz de musique avec la caisse claire énervante et dont certains chanteurs semblent s’etre échappés direct de la gay-pride(selons certaines mauvaises langues y a pas mal de pédés parmis eux).Je dois faire partie des rares personnes à ne pas aimer, en CI en tout cas. Sérieux si vous tenez à me torturer attachez moi sur une chaise et passez moi cette zik en boucle, c’est trop horrible.Déjà que musicalement c’est merdique.Ben oui pour les instrus on reprend sans cesse des instrus des années 70 et 80(90 et 2000 meme pour les plus paresseux), les airs sont direct pompés sur des chansons qu’on a du apprendre dans la cour de récré ou carrement en maternelle. Et encore je ne vous parle meme pas des textes capables de tenir sur un ticket de bus pour certains, stupides à l’extreme ou encore plus obscène qu’une scène de Rocco Sifredi. La question serait de savoir comment les gens arrivent à kiffer ça.Effet pervers de la guerre? Cela voudrait donc dire que le gout musical de mes concitoyens a du se faire flinguer au front.Désir de s’amuser sans plus? En 48 ans on n’a pas fait grand-chose à part ça.Parce que c’est à la mode et qu’on n’a pas envie de refléchir? Ca se pourrait mais bon cette zik on aime ou on deteste et moi je suis du coté de ses détracteurs. Et que personne ne vienne me dire que le coupé-décalé est la vrai musique de chez nous ou des bêtises du même style.Hip-hop en force.

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Q-Tip: The Renaissance

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Il en a fallu du temps pour que le trop effacé Kamaal Fareed fasse son grand retour en solo. Figure de proue du hip-hop 80′s et 90′s au sein de son groupe A Tribe Called Quest et de la Native Tongue, l’homme au flow élastique n’a pas été épargné par les vicissitudes dans sa carrière solo.  Un premier projet Kamaal The Abstract finalement sorti en bootleg, un album officiel et un autre projet Open qui ne sera jamais commercialisé au grand dam de ses fans. Peu productif peut-être, mais une carrière énorme. Q est de ces gens qui privilégie la qualité  à la quantité. Alors que ses pairs inondent le marché de projets souvent passables et de street cds parfois médiocres, lui opte pour une approche plus discrète et plus aboutie en sortant peu de disques mais d’excellente facture. On a tous en mémoire le brillant Amplified sorti en 1999 et qui a en définitive bien vieilli.

La qualité de l’opus précédent et le naturel perfectionniste de Q-Tip ne laissait augurer que de grands espoirs à l’annonce de la confection de ce projet. Le scepticisme était tout de même de rigueur au vu du nouveau virage pris par le hip-hop. Entre de nombreuses productions sans imagination et des textes de plus en plus pauvres, le retour d’une des icônes de la Old School serait-il à la hauteur de sa réputation?  Ce jeune public gavé aux ritournelles commerciales, au matérialisme et aux productions formatées pourra t’il s’ouvrir au génie de l’ex-ATCQ? La crainte de voir ce futur album mésestimé est tout aussi grande que celle de voir Q-Tip succomber, comme tant d’autres, aux sirènes commerciales. Surtout que les Neptunes (en nette perte de vitesse il faut l’avouer) sont convoqués à la réalisation de l’opus et que la présence du défunt J Dilla n’est pas confirmée. C’est donc avec réserve que ce nouvel album fut attendu. Heureusement les apparitions de Fareed sur The Big Bang de Busta Rhymes ont eu le mérite de rassurer quand aux capacités flowistiques de Q.

Passons outre les singles sortis de ci-delà qui ont tourné sur la toile. L’évènement est plutôt l’annonce du retrait des instrus concoctés par les Neptunes et  la présence effective de JD. Tout ce qu’il y a de plus rassurant. Comme un symbole la sortie de cet album à l’intitulé un rien chambreur The Renaissance coïncide avec l’élection de Barack Obama à la tête des USA. Heureux présage? La suite ne manquera pas de le confirmer.

Ce qui frappe avant toute écoute préliminaire est la pochette inspirée d’un célèbre tableau du peintre surréaliste Belge René Magritte. La MPC  vient remplacer la pomme et donne un bel effet aussi symbolique que le dégradé de couleur sur la droite qui divise le corps du personnage en deux parties. Une espèce de mariage entre l’ombre et la lumière, le classique et le moderne, le passé et le présent. Une pochette aussi évocatrice ne fait qu’affuter notre curiosité. Une lecture rapide des crédits permet de constater que Q a décidé de prendre le taureau par les cornes en produisant lui-même la totalité du disque, exception faite d’une production léguée par le défunt J Dilla.

L’écoute ne manque pas de rassurer. Q a livré un projet à son image. Pas de Dirty South abrutissant, pas de formules commerciales éculées, aucune stagnation au niveau lyrical. Et que dire du flow de Fareed, toujours aussi élastique et alerte comme à cette grande époque que peu d’auditeurs actuels n’ont pas connus. Une claque comme pour rappeler à tous pourquoi il était considérer comme un des tous meilleurs MC’s.

Il n’y a pratiquement rien à jeter sur ce disque qui se place qualitativement comme l’un, sinon LE meilleur de ces dernières années. Et pourtant la carte de la prise de risque a été jouée par Kamaal. La bonne vieille formule si chère aux pseudo-puristes (beat, sample et rimes)  n’est utilisée que pour un seul titre:  Won’t Trade. Pour le reste, Q fait appel à des musiciens chevronnés chargés de ressusciter les samples qu’il a si judicieusement choisi. De plus The Abstract surprend tout le monde en poussant la chansonnette dès le premier titre de l’album Johnny Is Dead . On se laisse ensuite facilement transporter par l’ambiance soul-jazzy variée qui nous rappelle que ce disque n’est pas estampillé Motown pour rien. Les pépites se suivent et ne se ressemblent pas entre un magnifique Gettin’ Up et un Official qui n’est pas sans rappeler le premier opus solo de Q. On enchaine avec l’excellent You au texte équivoque (parle t-il d’une femme, du hip-hop ou des deux à la fois?) et voici qu’arrive en grandes pompes le premier invité de l’album, un certain Raphael Saadiq (rien que ça!). La collaboration entre les deux hommes est fructueuse et le résultat est plus que satisfaisant. Nos deux survivants de la grande époque se font plaisir en évoquant, en filigranne, la guerre en Irak tout au long de ce très bon We Fight/Love . A peine le temps de s’en remettre et la trop méconnue Amanda Diva (du groupe Floetry) vient sublimer un Manwomanboggie à la musicalité enivrante.

Move , héritage du regretté JD se charge d’ambiancer la piste de danse sur un sample du Dancin’ Machine des Jackson 5. On n’en revient cependant pas d’entendre juste après le titre caché éponyme dont personne ne soupçonnait l’existence. La surprise est heureusement agréable et on y trouve son compte. La fin de l’album est heureusement à la mesure des premiers titres. Norah Jones vient prêter main-forte à Q qui se lance dans un name-dropping du meilleur effet (et oui The Game tu as des progrès à faire dans ce domaine) sur un instru rappelant vaguement le More Bounce de Roger Troutman. D’Angelo sort quant à lui de sa tour d’ivoire et vient poser sa voix aux côtés de celle de Q-Tip sur les basses de Raphael Saadiq. Believe est une apologie du positivisme et colle parfaitement (comme une coïncidence) avec le discours électoral de Barack Obama. Comment ignorer aussi le Dance On Glass (écoutez attentivement les effets stylistiques et les rimes de Q ). Seul regret, le titre final Shaka est amputé du discours introductif de Barack Obama.

Que retenir en définitive, que du positif. Un album vraiment plaisant et qui porte très bien son titre. Q-Tip a aisément réussi là ou toutes les autres icônes du hip-hop ont échoué ces dernières années, pondre un nouveau classique. Lui qui rappait “Ils ne savent plus comment faire un classique” sur You Can’t Hold The Torch de Busta Rhymes vient de donner une leçon de hip-hop a tout le milieu. Prouvant que la réinvention du hip-hop a plus de chances de venir de la Soul et du Jazz que de l’électro et de la pop, et que les artifices tels que l’auto-tune sont parfaitement dispensables. The Renaissance est ce que 808′s & Heartbreak n’a pas réussi à être: une véritable révolution.  Disons le tout net, The Renaissance est bien parti pour devenir LE  classique de ces cinq dernières années, si ce n’est déjà le cas.

Un seul mot: chapeau bas Mr Kamaal Fareed.

19/20

Tracklist:

  1. Johnny Is Dead
  2. Won’t Trade
  3. Gettin Up
  4. Official
  5. You
  6. WeFight/WeLove (feat. Raphael Saadiq)
  7. ManWomanBoogie (feat. Amanda Diva)
  8. Move
  9. Dance On Glass
  10. Life Is Better (feat. Norah Jones)
  11. Believe (feat. D’Angelo)
  12. Shaka

Nas-It Was Written

5 février 2009 1 commentaire

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Après un premier album certifié classique, le retour du MC de Queensbridge était l’un des évènements les plus attendus du microcosme hip-hop. Nas confirmerait-il son statut de meilleur plume new-yorkaise, ou alors ne serait-il qu’un épiphénomène de plus comme cette culture en a trop connu? La pression est donc grande pour Nasir Jones au moment de la livraison de ce second opus. Entre une presse dithyrambique à son endroit et un public qui place en lui d’énormes espoirs, le rappeur joue la carte de l’ouverture avec le single If I Ruled The World (Featuring Lauryn Hill des Fugees, qui à l’époque avaient réalisé de très bonnes ventes avec le très controversé The Score)  lancé en éclaireur. Tout le monde l’ignore encore mais ce titre est presqu’à lui tout seul un résumé de l’album. Refrain chanté accrocheur, mélodie empruntée à Kurtis Blow, arrivée en grande pompe des Trackmasterz, thème qui n’est pas sans rappeler le World Is Yours du premier album et rimes toujours aussi accrocheuses. Dans la foulée, on apprend que Dr Dre produira un son sur cet album. De quoi dérouter les hip-hop heads les plus radicaux de l’époque pour qui Dr Dre=gros sons commerciaux. Le public est donc assez divisé au moment ou It Was Written arrive dans les bacs.

Une première écoute rapide nous permet de réaliser que Nas a clairement voulu évoluer en ne livrant pas un Illmatic bis. DJ Premier ne produit qu’un seul titre I Gave You Power, le reste étant principalement l’oeuvre des Trackmasterz (L.E.S.,Poke, Tone). La présence de JoJo du groupe Jodeci (à l’époque en pleine gloire) sur Black Girl Lost ne manque pas de décontenancer plus d’un. Les refrains chantés sont à l’honneur et les samples sont beaucoup plus accessibles que sur le précédent opus. Sans compter qu’au niveau des textes, Nas s’aligne sur la mode New-yorkaise de l’époque en innervant ses lyrics de reférences aux films de gangsters, en se rebaptisant Nas Escobar (en reférence au célèbre trafiquant de drogue Pablo Escobar) et en arborant la panoplie du parfait mafioso (vêtements de haute couture, cigare et belles voitures) dans ses vidéos. Le mythe du street poet en prend un coup . Mais il convient de passer outre ces idées arrêtées pour réellement apprécier cet album.

L’intro nous transporte dans le Queensbridge cher à Nasir Jones (Il avait déjà déménagé cependant). Dès le premier titre The Message, les bases de l’album sont clairement posées. Un sample de Sting efficace et une performance en tout point remarquable et un refrain fait de scratches de DJ Kid Capri (Aussi célèbre à l’époque qu’un Green Lantern ou un Whoo Kid). la première surprise vient de Street Dreams dont le refrain reprend Eurythmics. Etrange quand on sait que ce titre parle de rue, mais preuve que Nas est loin de vouloir se fermer musicalement, n’en déplaise aux pseudo-puristes. I Gave You Power passe alors presque pour une étrangeté au vu de ces deux predecesseurs. Les autres titres suivent sans qu’on sente la qualité faiblir jusqu’au surprenant Nas Is Coming produit par Dr Dre. Introduit par un dialogue sur la guerre East Coast/West Coast, on est loin du banger  G-Funk que le seul nom du bon docteur laissait présager. L’excellent Afirmative Action lui succède avec brio. Titre fondateur de The Firm et première apparition officielle de Cormega au passage (avant leur brouille). Havoc livre deux productions dans son registre habituel (hardcore à souhait), The Set Up et le sombre Live Nigga Rap sur lequel il s’invite en combinaison avec son acolyte de Mobb Deep, Prodigy. Passons le peu captivant Black Girl Lost et arrêtons nous sur Shootouts, titre sur lequel Nasty Nas accelère son débit et livre une très bonne performance. L’album se conclut avec le déjà cité If I Ruled The World.

Un disque assez critiqué au moment de sa sortie pour ses divergences d’avec le premier et les raisons évoquées plus haut, mais d’excellente facture. Pas un classique, mais un album qui pose les bases de son futur musical.

17/20

Tracklist:

1. Album Intro
Produced by Nas & Trackmasters

2. The Message
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Scratches by DJ Kid Capri

Contains a portion of Shape Of My Heart as performed by Sting

3. Street Dreams
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Contains an interpolation of Sweet Dreams as performed by the Eurythmics
Contains a portion of Never Gonna Stop as performed by Linda Clifford

4. I Gave You Power
Produced by DJ Premier for Works of Mart, Inc

5. Watch Dem Niggas
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Contains a portion of Sponge as performed by Earl Klugh

6. Take It In Blood

Produced by Live Squad, Top General Sounds and Lo Ground
Contains a sample of Mixed Up Moods & Attitudes as performed by the Fantastic Four

7. Nas Is Coming
Produced by Dr. Dre

8. Affirmative Action featuring AZ, Cormega and Foxy Brown
Produced by Dave Atkinson, Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Keyboards by Dave Atkinson

9. The Set Up
Produced by Havoc of Mobb Deep

10. Black Girl Lost
Produced by L.E.S. for Total Package Productions
Additional production by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Background vocals by JoJo Hailey of Jodeci
Contains a sample of Starlight as performed by Stephanie Mills

11. Suspect
Produced by L.E.S. for Total Package Productions
Contains a portion of El Gatto Triste as performed by Chuck Mangione

12. Shootouts
Produced by Poke & Tone and Kirk Goody for Trackmasters Entertainment

13. Live Nigga Rap
Produced by Havoc of Mobb Deep

14. If I Ruled the World (Imagine That)
Produced by Poke & Tone for Trackmasters Entertainment
Additional production by Rashad Smith for Tumbling Dice Productions
Keyboards by Delight for 2000 Watts Music
Featured vocals by Lauryn Hill
Contains portions of Friends (instrumental) written by L. Parker. “If I Ruled the World” written by Kurt Walker, performed by Kurtis Blow

Mastered by Tom Coyne at Sterling Sound, NYC
Executive Producers: Nas, Steve Stoute and Trackmasters

Kanye West- 808's & Heartbreak

12 décembre 2008 3 commentaires

On avait quitté Kanye West en pleine forme. Graduation, chapitre final de la trilogie de l’ourson avait connu un succès mondial en dépit des reserves émises sur certains choix artistiques. De plus la carrière de producteur du Louis Vuitton Don se portait (comme d’habitude dirait-on) à merveille. Voilà que se profile donc le quatrième projet de l’entertainer de Chicago. Les personnes ayant apprécié le précédent opus (j’en fais partie) en piaffaient d’impatience.

Malheureusement la presse se fera l’écho des (mauvaises) nouvelles au sujet de cet album. D’abord on apprend que cet album sera très personnel et en rapport avec les drames de sa vie (Perte de sa mère, rupture avec sa meuf…). Pas de quoi faire baisser le buzz, tout au contraire, surtout qu’un nouveau duel marketing avec l’ami Curtis se profilait (Bon ça en fait on s’en bat les yeuks). Première raison de douter, l’annonce de l’usage de la vieillote TR-808 comme boîte à rhythme de base pour la réalisation de l’album. Pas le temps de s’en remettre vu que la présentation en grande pompe du premier single, Love Lockdown, sur la scène d’une cérémonie MTV achève de diviser ses fans en deux camps. On a en effet eu droit à un Kanye poussant la chansonnette sur un instru digne des standards de la pop, et le pire avec une voix auto-tuné (Je ne vais pas revenir sur ce procédé cher à T-Pain). Les commentaires négatifs suscités par ce titre le convaincront d’en réaliser une nouvelle version. Malheureusement, l’auto-tune est toujours de la partie, toute chose qui rebute les kiffeurs allergiques à ce procédé. Le summum est atteint lorsqu’on apprend qu’il sera utilisé pour tout l’album (enregistré en deux semaines). L’idéal pour se braquer. Et pour ne rien arranger Heartless , le deuxième single est loin d’être captivant, surtout quand on a encore dans les oreilles les  trois premiers albums. Seul avantage, on sait déjà qu’il ne faut pas s’attendre à un album Hip-hop.

L’écoute de l’album vient malheureusement corroborer nos soupçons. Ye vire carrément pop sur ce projet. Très peu de rap (venant seulement des invités), un Pinocchio Story carrément inutile et un featuring de Lil-je-suis-partout-avec-ma-sale-gueule Wayne. Tout ce qu’il y a de plus street.

Passés ces a priori, on essaie tout de même de rentrer dans l’album en espérant qu’il sera aussi bien que le sublime The Love Below d’Andre 3000. Au final, il convient d’oublier un peu le projet du membre d’Outkast. Le niveau ne suit pas. Say You Will n’a vraiment rien d’exceptionnel au contraire de Welcome To Heartbreak (en featuring avec Kid Cudi) d’assez bonne facture. On se dit alors que l’album va monter en intensité mais non, déception. Zappons le déjà connu Heartless pour atterir sur Amazing, titre terne presque sauvé(simplement parce qu’il nous a permit d’arrêter de nous faire chier) par la prestation de Young Jeezy. Paranoid (featuring Mr. Hudson) qui succède à Love Lockdown relève cependant le niveau général. Après un RoboCop sans éclat, l’écoute devient tout simplement pénible, à l’image du duel à l’auto-tune avec Weezy See You In My Nightmares (Beau caca sonore) et d’un Bad News tout simplement insupportable. On est même super content quand le disque se termine enfin (Il passe bien comme berceuse, ma petite cousine n’a pas tenu trois titres).

Que retenir donc objectivement, après moult écoutes? Déjà un sentiment globalement négatif. On s’attendait à un album très introspectif et personnel, on a droit à x lieux communs ressassés dans tous les albums chantés. On nous avait promis la grosse claque au niveau des instrus, raté aussi, même si c’est pas mal produit (un tantinet trop vintage, mais au vu de la boîte à rhythme, fallait pas rêver). Ca ne restera pas intemporel en tout cas. Le carton rouge revient aux performances de Ye derrière le micro. Si vous aimez les chants faux, les voix auto-tunés (n’est pas T-Pain qui veut) et les prestations sans aucune profondeur qui ne dégagent aucune émotion, libre à vous. Pour ma part, son chant est une fiente électro-pop robotique masturbatoire et sans génie. Tant qu’a chanter, autant savoir le faire (Ye tu ne sera jamais Roger Troutman). Là la voix de Kanye ruine les instrus et est vite irritante.

De la mauvaise pop léthargique en conclusion. Ce disque vaut surtout pour la prise de risques (en même temps, faire des chansons à l’auto-tune, a.k.a gadget prisé du moment, inviter Weezy et Jeezy c’est tout sauf prendre des risques).  Pour le reste, c’est un agrégat de formules toutes faites que les inconditionnels prendront pour des éclairs de génie. Gageons que ni le futur du hip-hop, ni ceux du R&B et de la Soul ne ressembleront à ça, sinon on est partis pour des siècles d’ennui mortel.

11/20

Tracklist:

1. Say You Will
2. Welcome To Heartbreak (feat. Kid Cudi)
3. Heartless
4. Amazing (feat. Young Jeezy)
5. Love Lockdown
6. Paranoid (feat. Mr. Hudson)
7. RoboCop
8. Street Lights
9. Bad News
10. See You In My Nightmares (feat. Lil Wayne)
11. Coldest Winter
12. Pinocchio Story (freestyle live from Singapore)

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