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Archive de la Catégorie ‘Oxmo Puccino’

Oxmo Puccino-L’arme de paix

Comme beaucoup de vieux auditeurs je me suis progressivement désintéressé du rap Français. Pourquoi? Les causes sont nombreuses. Tout d’abord une couleur musicale qui est loin d’être à mon goût (les instrumentaux style Dirty South) mais surtout un incroyable manque de variété instrumentale en général. A croire que tout le monde à les mêmes concepteurs musicaux et que les albums sont d’aujourd’hui ne sont que des déclinaisons les uns des autres. De plus la pauvreté textuelle actuelle achève de me rebuter. Le rap Français vit en pleine dictature de la punchline qui en est devenue plus importante que le contenu. Pas que j’ai quelque chose contre la technique pure et les punchs, mais ce que je trouve dommage c’est d’y sacrifier tout message et le plus souvent tout sens même. On se retrouve avec des textes vides de sens qui ne sont qu’un assemblage de rimes abstraites accouplées les unes aux autres sans réelle profondeur. Une fois en passant ça va, mais n’entendre que ça des années durant fini par devenir plus que lassant. Certains argueront qu’il s’agirait d’une résurrection de l’esprit parnassien et que ces puzzles de mots sont l’illustration de l’identité du rap Français, mais à titre personnel cette tendance ne me parle que très peu, à l’exception de quelques artistes. Dans ce contexte, j’en suis venu à n’écouter majoritairement que des disques sortis avant 2004 et à ne plus suivre que l’actualité des artistes qui ont rythmé mon adolescence.
C’est dans ce contexte que j’apprends le retour dans les bacs du trop incompris Oxmo Puccino l’un de mes rappeurs préférés. Depuis la sortie de son premier album il a eu à coeur de marquer sa singularité, quitte parfois à semer le public comme sur son excellent deuxième album. Je m’attendais donc à retrouver un disque qui ne rappellerait aucun autre et surtout pas un retour aux sources comme certains l’espéraient (oui l’époque Time Bomb est bien révolue).
L’Arme de Paix fut largement à la hauteur de mes attentes. J’attendais un Oxmo original n’hésitant pas à promener sa plume dans d’aventureuses contrées musicales et je ne fus pas déçu. Une couleur musicale rappelant la variété (rien d’étonnant quand on se rappelle son album Lipopette Bar et son travail de parolier pour Alizée)  mais ayant au moins réussi à s’émanciper des standards américains dans lesquels le rap Français semble emprisonné à jamais. Quand aux textes ils sont tout simplement dans la lignée de ceux à quoi ils nous a habitués. Riches et denses, parfois peu accessible pour l’auditeur lambda mais comme souvent impressionnant de vérité. Certaines collaborations comme celle avec Olivia Ruiz horrifieront les pseudo-puristes amis qu’importe au fond. Il convient de se débarrasser de toute espèce d’a priori pour apprécier cet album à sa juste valeur, pas seulement comme le disque d’un rappeur mais plutôt celui d’un artiste fidèle à sa vision de la musique et en décalage par rapport aux tendances actuelles. Un des albums francophones que j’aie le plus apprécié cette année.
Titres marquants: 365 Jours, Masterciel, Tirer des Traits, J’te Connaissais Pas, Soleil du Nord

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