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Booba-0.9.
Sortie : 24 novembre 2008
Label : Tallac Records / Barclay / Universal
Producteurs: Medi Med, Therapy, Phrequincy, Animalsons, Oneshot, Dream Touch, BKS, Haze, Street Fabulous
La sortie d’un nouvel album de Booba est forcement en soi un évènement. Celui qui, n’en déplaise à ses haters, est une des locomotives du rap Français est toujours attendu au tournant et suscite toujours autant les passions, surtout après l’épisode Urban Peace 2 (Je ne vais pas y revenir) et ses piques adressées à MC Solaar, NTM et IAM. Le moins que l’on puisse dire est que cet album achève de diviser ses fans. D’aucuns loueront la qualité des punchlines et une réalisation qui se veut novatrice. Les autres ne manqueront pas de remarquer que Booba semble essouffler et à surement livré le plus mauvais projet de sa carrière solo.
Objectivement 0.9. est très loin d’être une grosse satisfaction. Comme à ses habitudes l’ourson suit les tendances en concoctant un album à grands renforts de productions Dirty South (comme l’essentiel de ses homologues hexagonaux il faut bien avouer) mais surtout en ayant recours à l’autotune. Un choix contestable et contesté qui au final ne s’avère pas gagnant à l’écoute des titres qui y font appel. De plus Booba est nettement moins tranchant au mic sur cet opus et en dépit d’une nouvelle pleine brouette de punchlines, on conserve un sentiment de “peux mieux faire”. Passons le manque de variété instrumentale, la stagnation lyricale de l’ensemble et le recyclage de Garcimore (déjà présent sur Autopsie Vol. 2) et on en arrive à la conclusion que c’est du Booba en petite forme. Pour ne rien arranger les invités n’apportent pas grand-chose. Izi Life est assez agréable à écouter si on ne se contente que de la performance de Booba mais est complètement ruiné par la performance de Brams. Même constat pour Salade, Tomate, Oignon où en se demande toujours ce que Djé fabrique là. Difficile également de comprendre l’usage plus que dispensable de l’autotune pour Nadeei sur Soldats.
Mais ne noircissons pas trop le tableau. L’album à tout de même son lot de tueries comme R.A.S, Game Over, Izi Monnaie ou encore King. De plus il a tendance à se bonifier avec le temps (malgré son inégalité) mais n’atteint jamais le niveau de ses précédents opus. Son plus mauvais album? Surement mais pas non plus une bouse. C’est même un excellent album à l’échelle du rap Français de ses deux dernières années mais, à trop attendre de B2O, on en est devenu très exigeants au point de toujours chercher la petite bête.
15/20
Shurik’n-Où je vis
L’annonce de la sortie du premier solo du rappeur d’IAM m’avait complètement émoustillé. En cette 1998 on avait été plus que servi en disques de qualité. Les semaines se succédaient avec chacune une tuerie à la clé. Le florilège d’excellentes sorties n’a cependant pas suffit à éroder mon impatience d’écouter cet album. Mes attentes ont été totalement comblées. Je me disais qu’il serait difficile de faire aussi bien que les albums d’Arsenik et surtout d’Oxmo Puccino sortis plus tôt dans l’année. Oncle Shu frappe plus fort dans son style si caractéristique. Textes ultra-réalistes et sombres à l’envie, instrumentaux dépouillés plus que captivants (les samples de musique orientale me tuent à chaque écoute), flow affuté, featurings très bien choisis…il y a de tout sur ce disque qui figure depuis sa sortie parmi mes albums préférés. Shurik’n frappe juste à chaque piste et livre un projet qui à mon sens fait partie des plus homogènes jamais élaborés de l’histoire du rap Français. Du grand art malheureusement resté sans lendemain. Pour moi le meilleur album made in Marseille jamais réalisé.
Titres marquants: La totalité de l’album.
Alonzo-Broly (Premier single)
Alonzo – Broly
Fonky Family-Si Dieu Veut
Lyricalement les quatre MC’s atteignent des sommets avec des textes peut-être moins fouillés que ceux d’IAM (il y a bien sur moins de références et la mystique est absente) mais forts et plus accessibles pour un public moins averti. Une écriture plus directe en résumé rappelant que ce groupe s’exprime par et pour la rue, n’en déplaise aux intellectualistes. Les performances sont elles aussi de très haute tenue et furent, à titre personnel, le détonateur qui m’a fait apprécier ce disque. Je suis tombé à jamais sous le charme du flow du Rat Luciano. Don Choa et Satir eux m’ont plutôt impressionné pour le contenu de leurs textes. J’ai cependant moins apprécié les performances de Menzo qui est à mes yeux le maillon faible de la formation. Heureusement la fougue qui se dégage des prestations des trois autre compense largement et m’a définitivement séduit. Album moins accessible que ses successeurs mais globalement au-dessus de toute leur discographie future.
Titres marquants: La furie et la foi, Aux absents, Sans rémission, Cherche pas à comprendre, Maintenant où jamais, Les mains sales, Une seule fois.



