Archive

Articles Tagués ‘50 Cent’

Let’s Talk About QB

 

QB, QB. Je sais c’est une période que les plus jeunes d’entre vous ne peuvent connaître. De cette époque où les entertainers (certains diraient les baltringues) de Hollis et de Southside Jamaica (Ja Rule et 50 Cent pour ne pas les citer) n’étaient pas considérés comme les valeurs sures du Queens. Bon je suis pas là pour faire le prof. Ça soulerait tout le monde d’ailleurs. Alors on le fera simple. Je ne vous parle pas ici de Roxanne Shanté, de MC Shan ou de son cousin Marley Marl (L’inventeur de la production telle qu’elle se fait today, pour ceux qui l’ignore) ; et encore moins de Main Source ou Intelligent Hoodlum (rebaptisé Tragedy Khadafi depuis). Non, je vous parle de la jeune génération, celle des 90’s qui a donné à ce quartier ses lettres de noblesse et en a fait l’une des places fortes du rap made in NYC.

A compter de 94 la révolution musicale qui couvait depuis trop longtemps déjà à l’ombre du bridge (les initiés savent de quoi je parle) a pris d’assaut les bacs. Les acteurs principaux de ce nouveau film répondaient aux noms de Nas, Mobb Deep, Capone-N-Noreaga, AZ (originaire de Brooklyn, il est vrai) et bien d’autres comme Cormega, Nature, Big Noyd et consorts. Leurs faits d’armes ? Avoir apporté une réelle plus-value au plan lyrical. En d’autres termes une profondeur inégalée dans les textes. Musicalement parlant, une bonne dose de fraîcheur a également été mise en avant. Des beatmakers aussi talentueux que Alchemist, The Trackmasterz, Dame Grease, Nasheim Myrick ou même Large Professor ont contribué à mettre QB sur la carte du hip-hop mondial. A l’actif de tous ces mecs une pelletée de classiques, des instrus de ouf, des textes qui n’ont été que rarement égalés et une attitude sans concession comme il était de règle à l’époque.

Il est vrai que la Thug Music prônée entre 96 et 99 n’était pas du goût de tous (A l’époque les MC’s étaient dans un délire de mafieux et exhibaient volontiers des objets de luxe, comme aujourd’hui d’ailleurs), que les beats signés Alchemist ou Havoc enflammaient tout sauf les dancefloors( après tout l’essentiel des gars en indé ne font que reproduire leurs formules) et qu’on a fini par être overdosés par toutes ces histoires de rue et de thugs(En même temps le rap indé en a fait ses thèmes de prédilection).

Aujourd’hui, il faut bien reconnaître que cette vibe appartient au passé. La rupture semble définitivement consommée. Mobb Deep et 50 Cent se sont maqués, NORE semble plus mainstream que jamais, Nas (un des seuls qui soit encore dans la veine des débuts. Bon on te pardonne The Firm et Nastradamus) est seul au front (du côté des gros vendeurs en tout cas) et est brouillé avec pas mal de mecs, Cormega et Nature en tête.

Que reste t-il donc de la vibe QB de nos jours. Nas, Blaq Poet et des souvenirs? Mais aussi une influence majeure pour tous les hip-hop heads qu’ils se l’avouent ou non. Pas si grave au fond. L’album Illmatic et des classiques comme Hell On Earth, Shook Ones, T.O.N.Y, tourneront encore longtemps sur nos platines CD.

It’s All About 50 Cent

 Curtis Jackson a.k.a 50 Cent est incontestablement un des rappeurs ( ?) les plus populaires du moment. Qu’on l’aime ou non il faut bien reconnaître que ce mec a tout de même un certain talent (n’empêche on peut pas non plus dire qu’il est l’un des meilleurs de tous les temps). Du talent ? OK il en a mais dommage qu’il ne soit pas utilisé à bon escient, ce qui vaut à ce cher Curtis pas mal d’attaques de la part des gens de notre microcosme. Fossoyeur du rap pour certains, vendu pour d’autres, le personnage focalise à lui tout seul l’essentiel des contradictions du mouvement. Quand je l’ai entendu pour la première fois sur l’album Shut’Em Down d’Onyx (sorti en 1998) c’était encore un rappeur parmi tant d’autres qui défendait l’underground et qui lâchait des bombes hardcores. Plus tard au début du siècle j’avais bien accroché ses albums bootlegs. How To Rob était plutôt bien même si le délire gangsta  me soulait un peu. Quand je réécoute ceci et que je vois un peu ce qu’est devenu le mec on peut dire que le préjudice est grand. Était-il vraiment utile de traiter Ja Rule de wanabee gangsta pour ensuite faire pareil ? A quoi bon dire partout je suis underground pour la vie et quelques années plus tard ne jurer que par le dollar-roi ? La carrière de 50 aujourd’hui peut se résumer simplement : donner au public ce qu’il veut entendre et voir. Vous aimez les bad boys ? Et bien moi j’ai été touché par balle et je suis allé plusieurs fois en taule. Vous aimez les morceaux clubs ? Je vous en fourni en pagaille. Vous kiffez les belles meufs ? Je vous en mets plein dans mes vidéos. Vous rêvez d’être riche ? Vous inquiétez pas, acteur Curtis jouera le rôle du riche lascar pour vous. Au fait ça vous dérange pas si j’ai des fringues à 5000 dollars, des bijoux qui valent un demi-million de billets verts, des caisses que vous ne pourrez jamais vous payer et du hennesey à flot ? Vous voulez du sexe ? OK j’ai des vidéos qui vous feront jeter les films pornos que vous cachez dans votre chambre. En un mot 50 est devenu un entertainer et rien d’autre. Et dire que certains continuent à penser que c’est un vrai gars de la rue. Mon cul ! Bon heureusement tu nous avait quand même prévenu Curtis. Il n’y avait qu’a voir le titre de ton premier album (Get Rich Or Die Tryin’)  pour deviner tes futures orientations. Mais soit pas inquiet mec tes posters resterons sur nos murs encore un moment (pas qu’on est particulièrement fans de toi mais c’est un peu comme le papier peint. C’est pas toujours beau mais c’est pratique), on écoutera tes titres entre un Lil Jon et un D4L et on matera tes clips pour voir les dernières sapes à la mode. Pour le reste, c’est-à-dire du vrai rap, on réécoutera nos classiques ainsi que Nas et du backpack. Allez sans rancune Curtis.
Catégories:Articles, G-Unit, Rap US Tags:,

It’s All About 50 Cent

 

Curtis Jackson a.k.a 50 Cent est incontestablement un des rappeurs ( ?) les plus populaires du moment. Qu’on l’aime ou non il faut bien reconnaître que ce mec a tout de même un certain talent (n’empêche on peut pas non plus dire qu’il est l’un des meilleurs de tous les temps). Du talent ? OK il en a mais dommage qu’il ne soit pas utilisé à bon escient, ce qui vaut à ce cher Curtis pas mal d’attaques de la part des gens de notre microcosme. Fossoyeur du rap pour certains, vendu pour d’autres, le personnage focalise à lui tout seul l’essentiel des contradictions du mouvement. Quand je l’ai entendu pour la première fois sur l’album Shut’Em Down d’Onyx (sorti en 1998) c’était encore un rappeur parmi tant d’autres qui défendait l’underground et qui lâchait des bombes hardcores. Plus tard au début du siècle j’avais bien accroché ses albums bootlegs. How To Rob était plutôt bien même si le délire gangsta  me soulait un peu. Quand je réécoute ceci et que je vois un peu ce qu’est devenu le mec on peut dire que le préjudice est grand. Était-il vraiment utile de traiter Ja Rule de wanabee gangsta pour ensuite faire pareil ? A quoi bon dire partout je suis underground pour la vie et quelques années plus tard ne jurer que par le dollar-roi ? La carrière de 50 aujourd’hui peut se résumer simplement : donner au public ce qu’il veut entendre et voir. Vous aimez les bad boys ? Et bien moi j’ai été touché par balle et je suis allé plusieurs fois en taule. Vous aimez les morceaux clubs ? Je vous en fourni en pagaille. Vous kiffez les belles meufs ? Je vous en mets plein dans mes vidéos. Vous rêvez d’être riche ? Vous inquiétez pas, acteur Curtis jouera le rôle du riche lascar pour vous. Au fait ça vous dérange pas si j’ai des fringues à 5000 dollars, des bijoux qui valent un demi-million de billets verts, des caisses que vous ne pourrez jamais vous payer et du hennesey à flot ? Vous voulez du sexe ? OK j’ai des vidéos qui vous feront jeter les films pornos que vous cachez dans votre chambre. En un mot 50 est devenu un entertainer et rien d’autre. Et dire que certains continuent à penser que c’est un vrai gars de la rue. Mon cul ! Bon heureusement tu nous avait quand meme prévenu Curtis. Il n’y avait qu’a voir le titre de ton premier album (Get Rich Or Die Tryin’)  pour deviner tes futures orientations. Mais soit pas inquiet mec tes posters resterons sur nos murs encore un moment (pas qu’on est particulièrement fans de toi mais c’est un peu comme le papier peint. C’est pas toujours beau mais c’est pratique), on écoutera tes titres entre un Lil Jon et un D4L et on matera tes clips pour voir les dernières sapes à la mode. Pour le reste, c’est-à-dire du vrai rap, on réécoutera nos classiques ainsi que Nas et du backpack. Allez sans rancune Curtis.

Various Artist-The Anti-Backpack Movement

Aujourd’hui j’ai décidé de me dépousierrer l’oreille avec des vieux sons parce que je sais pas vous mais les instrus crunky et les textes vides de sens ça commence à bien faire.Je tombe donc sur ce disque The Anti-BACKPACK Movement.Comme son nom ne l’indique pas ce skeud est un pur moment de backpack (vous savez le pur rap de rue made in NYC qui sonne comme ce qui se faisait au début des 90′s).Pour vous résumer un peu ce à quoi vous attendre c’est plutôt simple.Si tes mc’s préférés sont MF Doom, Buck 65, MC Paul Barman,Blueprint voire Sage Francis.Si tu es de ceux pour qui Nas n’a fait qu’un bon album, de ceux pour qui Jay-Z s’est définitivement vendu au diable depuis qu’il a bossé avec  Timbaland (pour l’album Life and times of S.Carter, le meilleur avec The Blueprint mais c’est un avis perso), de ceux pour qui le Wu n’était dans le fond qu’un ramassis de pauvres matérialistes venus dans le pera s’enrichir, de ceux pour qui Guru est trop commercial depuis le projet Jazzmatazz (et je ne vous parle même pas de Royalty ou les affreux K-Ci & Jojo faisaient le refrain), de ceux pour qui Mobb Deep ne mérite plus aucun respect depuis la signature du groupe chez G-Unit Records, de ceux pour qui 50 Cent et la G-Unit sont de la même catégorie que les dégénérés du Dirty South style Juvenile, Gucci Mane ou Yin Yang Twins, de ceux pour qui The Game ne fait que pomper 2pac, de ceux pour qui Busta Rhymes a baissé le fute, de ceux pour qui Eminem ne cartonne que parce qu’il est blanc, de ceux pour qui Pharoahe Monch est devenu un artiste soul, de ceux pour qui Cam’ron et les Diplomats sonnent toc, de ceux pour qui les Neptunes font de la techno, de ceux qui n’ont jamais pu supporter un autre type d’instru que le Primo-beat et le pur boombap, si tu réunis toutes ces conditions alors sur que tu kifferas ce disque. Ici pas de formules commerciales éculées, pas de “Looneries” ou de “Ja Ruleries”, rien que du lourd (enfin pour ceux qui aiment).Bon serieux je trouve quand meme que les backpackers sont trop fermés.Et puis ça me casse les couilles tous ces gens qui n’écoutent pas le mainstream non par gout mais par principe.Si le hip-hop était uniforme ça ennuierait vite.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.