Joell Ortiz-Kawl Me (son)

Après l’épisode Slaughterhouse, Joell, à l’instar de ses collègues sortira un solo. Voici le premier extrait de son tant attendu album Free Agent. Rehaussé par la présence de Novel, il devrait séduire.

Après l’épisode Slaughterhouse, Joell, à l’instar de ses collègues sortira un solo. Voici le premier extrait de son tant attendu album Free Agent. Rehaussé par la présence de Novel, il devrait séduire.

Annoncé comme le dernier volet de la trilogie, The Blueprint 3 était attendu à mon niveau comme la continuité simultanée des deux autres albums du même nom mais aussi des deux albums sortis par Hova depuis son retour aux affaires rapologiques. Les nouvelles glanées ci et là s’avéraient plutôt rassurantes. Un retour aux sources était évoqué et les extraits annoncés étaient plutôt dignes d’intérêt. Au fil des reports j’ai toutefois commencé à déchanter. Tout d’abord la présence envahissante de Kanye West à la production et à la réalisation m’a plus fait douter qu’autre chose. Depuis que ce dernier c’est égaré dans le star system il a perdu de sa superbe. J’ai aussi encore en travers de la gorge l’insipide 808′s & Heartbreak. Quand par la suite il est annoncé que The Blueprint 3 serait dans la lignée de cet essai, je me suis sincèrement dit qu’il vaudrait mieux ne rien attendre de cet album. J’ai cependant changé d’opinion lorsque l’absence d’autotune sur tout l’album a été confirmée. J’ai donc été plus qu’enthousiaste à l’écoute du premier single officiel Death Of Autotune. Bien que je l’aie trouvé moins bon que certains des extraits qui circulaient sur la toile (et qui au final ne seront pas retenus), j’ai totalement adhéré au morceau et à son message. Ce n’était malheureusement qu’un ultime trompe-l’œil. La publication de la tracklist va directement me ramener sur terre. J’ai trouvé plus que paradoxal de faire D.O.A. et dans le même temps d’inviter certains des plus gros utilisateurs de ce procédé. De plus l’absence de l’ex-famille Roc-A-Fella n’a pas été de nature à me rassurer. La sortie du single Run This Town est très vite venue confirmer mes doutes. Outre l’insipidité du son, ruiné, à mon sens, par la présence de Rihanna, c’est surtout la performance de Jigga qui m’a le plus déçu. Je l’ai franchement trouvé à la ramasse. L’écoute d’Off That et surtout de l’horrible Reminder ont confirmé ce baisse de forme. Entres productions sans émotions et, disons le, ratée pour la dernière et la petite forme lyricale affichée par Hova, mes espérances pour cet album furent définitivement enterrées. Mon groupisme pour le rappeur a cependant repris le dessus et m’a fait me jeter sur l’album à peine celui-ci avait été leaké.
Les premières écoutes ne m’ont franchement pas séduit. Ce fut un peu mieux par la suite mais franchement cet album est une très très grande déception. Je n’en ai retenu que trois titres en dehors de D.O.A. Timbaland, qui est tout de même un de mes producteurs préférés, réussi le tour de force de livrer les sons les plus insipides. Kanye West s’en sort un peu mieux mais sans être plus convaincant. J’ai plutôt le sentiment d’entendre un album de l’un de ses poulains de G.O.O.D. Music qu’autre chose. Hova a apparemment sombré aux sirènes de la tendance et semble vouloir jouer dans la même cour que les ringtones rappers qui polluent la bande FM depuis quelques temps. Pis il n’est pas non plus totalement à son aise sur les instrumentaux. C’est moins linéaire, ponctué de petites pauses et de gimmicks mais ça laisse surtout le sentiment qu’il peine à tenir la cadence. Pas rassurant. De plus il se fait limite voler la vedette par ses invités. J.Cole, Young Jeezy et même Kanye West lui tiennent tête sans faiblir. Hallucinant. Les bonnes surprises viennent finalement des contributeurs sur lesquels j’avais le plus de doutes: The Neptunes et Swizz Beatz. Tous deux lui fournissent des sons sur lesquels il s’en sort mieux, il en est de même pour celui produit par l’inconnu Al Shux. Ce sont ces titres que je retiendrai d’un album fort décevant ou l’on retrouve l’un des pires titres qu’il ait jamais sorti sur disque: Hate. Et encore heureux que l’abominable Ghetto Techno n’aie pas été retenu au final sinon je n’ose même pas imaginer à quoi ressemblerait cet album.
Cet album n’a de Blueprint que le nom et la présence de Kanye West et de Timbaland (on notera au passage l’absence de Just Blaze, une première depuis près de dix ans). Même en considérant que ce nom n’est qu’un label commercial et que ce disque n’a aucun rapport avec les deux autres, il n’en demeure pas moins mou et sans âme. Si certains préfèrent évoquer une hypothétique prise de risques (Avoir sur son album les gros vendeurs/buzzs du moment et suivre la tendance du moment, je n’appelle pas ça prendre des risques) ou une éventuelle ouverture musicale pour épiloguer sur le contenu de cet album, cela n’engage qu’eux. Pour ma part, c’est tout simplement un mauvais album de Jay-Z.
Titres marquants: Empire State Of Mind, Death Of Autotune (D.O.A.), So Ambitious, On The Next One

On avait quitté Ja Rule avec un album que j’avais jugé plutôt decevant. C’est un peu cliché de l’affirmer mais je préfère amplement le Ja Rule plus street. Rule 3:36 avait entamé un virage commercial déroutant et mauvaise nouvelle il se poursuit avec celui-ci, en dépit de ce que pourrait laisser penser son intitulé. On est ici plongé dans le pur délire mainstream avec son lot de bangers et de sons calibrés pour les radios. La tendance est aux refrains chantés ce qui ne sera pas de nature à séduire les réfractaires à la voix rocailleuse de Ja. Ses invités s’en sortent mieux mais il y a toujours cet arrière-goût de collaboration racoleuse qui persiste après écoute (le feat avec J-Lo en est le plus parfait exemple).
Instrumentalement parlant l’album est plus qu’accessible. Même des personnes peu habituées à écouter du hip-hop n’auront aucune difficulté à apprécier. Le souci est que cette direction musicale plutôt “light’” ne sied pas aux rappeurs invités (j’en suis souvent même à oublier que Ja Rule c’est censé être un album de rap). Cadillac Tah et Black Child peinent à s’adapter à l’instrumental de The Inc par exemple et même le posse cut Worldwide Gangsta laisse froidement impassible. Et pour ne rien arranger Ja Rule n’est pas non plus à la fête question textes et performances microphoniques.” Normal !” diraient certains au vu de la tendance guimauve de l’album. Ja s’enfonce dans des lieux communs plus que bateaux et laisse trainer sa plume dans des clichés mielleux qui, à force, transpirent l’insipide. Les auditeurs peu exigeants seront totalement charmés mais il n’en est pas de même pour moi.
En dépit de son succès commercial, j’ai plutôt tendance à considérer cet album comme l’un des plus mauvais de sa discographie. Un beau gâchis quand on sait de quoi il est capable. J’ai du coup plus tendance à le considérer comme un album R&B.
Titres marquants: So Much Pain, Livin It Up, Down Ass Bitch

Alors que le microcosme hip-hop est encore sous le choc du décès tragique de Notorious B.I.G., voici que son ami et patron Puff Daddy décide lui aussi de se lancer dans une aventure solo. Bien sur les réticences sont nombreuses au vu du niveau de ce dernier au mic. Mais qu’importe, l’intéressé n’a visiblement pas pour vocation de renouveler le genre mais plutôt de vendre son produit. Et pour se faire, il ne lésine pas sur les moyens. Brochette d’invités (artistes-maisons et affidés), samples plus que grillés car archi-connus, tribute song…Le tout donne un album stupéfiant d’accessibilité, taillé pour séduire le grand public (lequel ne s’attardera pas évidemment sur la médiocrité au micro de Sean Combs). En dépit d’une qualité artistique plus que douteuse, l’album s’avère plutôt agréable à l’écoute (normal me diriez-vous). Si les morceaux que Puffy assure seul sont insipides, il n’en est pas de même pour ceux qui bénéficient du renfort d’invités de choix (Notorious B.I.G., The Lox, Black Rob, Ma$e, Faith Evans, Jay-Z, Lil Kim, Foxy Brown…) qui à mon sens sauvent cet album de l’étiquette de guimauve fadasse. On a même droit à quelques pures tueries made in NYC. Certains crieront à l’hérésie en entendant Black Rob et The Lox poser sur des instrus plus que “lights” qui ne leurs correspondaient pas, mais heureusement que les trop rares sons plus street compensent largement ces fautes de goût. Un album qui a tout de même très longtemps tourné chez moi.
Titres marquants: Victory, Young G’s, It’s All About The Benjamins (Remix), I’ll Be Missing You

Un des albums que j’ai eu beaucoup de difficultés à appréhender. Bien sur j’attendais le premier album solo de cet ex-Children Of The Corn auquel tout le monde prédisait un avenir radieux. Je me demandais seulement si on aurait un album dans la veine de celui de Big L c’est-à-dire transpirant le bitume ou alors un qui comme celui de Ma$e cèderait aux sirènes commerciales. Au final Cam nous livre un projet qui se veut à mi-chemin entre les deux. Bien sur il a rebuté les réfractaires à son flow paresseux et posé et j’avoue avoir eu vraiment du mal à l’apprécier lors des premières écoutes. On oscille entre tueries taillées pour les dancefloors et sons un tantinet plus streets. Le principal problème vient de choix d’instrumentaux improbables ne correspondant pas forcement à la voix de Cam et de la formule des refrains chantés. Autant elle est parfois efficace comme sur Horse & Carriage, autant elle s’avère dispensable sur Me & You Boo par exemple. Ajoutons à cela des featurings parfois inutiles et en trop grand nombre et on fini par avoir une impression de pot-pourri ayant voulu séduire tout le monde. Une entrée en matière plus que moyenne pour un MC qui heureusement continuera de progresser par la suite.
Titres marquants: 357, Horse & Carriage, Rockin’ & Rolling, We Got That